La BOUORIE (BORIE) de BEAUMONT
La Seigneurie du mandatement de Vogüé
À la fin du XVI° siècle, la Seigneurie du mandatement de Vogüé était possédée par 3 coseigneurs :
1/3 par les Seigneurs de Rochecolombe
1/3 par les Seigneurs du Besset de Rochemure
1/3 par les Seigneurs de Beaumont, marquis de Brison
Étymologie du mot « Borie »
Borie : étymologiquement le nom vient du latin « Bovaria » et désigne une vaste propriété réservée à l’élevage des bovins. Le nom « Borie », « Borio » en langue d’Oc, apparut au Moyen Âge et désigna une métairie possédant un abri.
Aux XVIII° et XIX° siècles, ce terme fut employé péjorativement pour nommer une masure, une cahute. Ce n’est que plus tard que ce nom sera réservé à la construction souvent en pierres sèches destinée à abriter le berger et entreposer les outils — connue sous le nom de « capitelle ».
Le nom de Borie a été donc employé couramment dans tout le Massif Central et les régions limitrophes. On retrouve ce nom d’Issarlès à Vinezac en passant par Lachamp Raphaël, le Béage, Chauzon, Sceautres, Joannas, etc.
Description de la Borie de Beaumont
La Borie de Beaumont était donc une vaste métairie entourée surtout de pâtures. Terre noble, elle était à ce titre dispensée de tout impôt. Elle appartenait, depuis le début du XVII° siècle, à la famille des BEAUMONT, seigneurs et marquis de BRISON et barons de nombreuses localités, domiciliés à Gilhoc (près de Lamastre) au château des Boscs.
Ses limites (grossièrement) :
Au sud
La rivière Ozon
Au nord
Le ruisseau du Bourdary
À l’est
La rivière Ardèche (avant les inondations de 1890, puis par Fontrôme depuis cette date)
À l’ouest
La route départementale actuelle
D’une superficie de 15,610 ha et majoritairement couverte de prairies, elle comprenait quelques lopins labourés et de rares arbres isolés (description lors de la vente en 1792). Des parcelles inondables servaient occasionnellement de terrain de chasse au gibier d’eau — la chasse et la pêche étant réservées à la noblesse.
Exploitation de la métairie
La métairie était exploitée par un métayer nommé « rentier », lié au propriétaire par un bail. Il réglait deux fois par an, à date fixe, une rente au Seigneur. Le versement de la rente se faisait en argent sonnant et trébuchant, mais aussi parfois en victuailles (poulets, pigeons, laitages) ou produits récoltés divers (chanvre, lin, céréales), d’ordinaire lors d’une fête religieuse (Noël, Pâques, Saint Michel, Saint Jean). En général, la rente représentait la moitié du rapport annuel de la métairie.
L’ensemble des exploitations se faisait sous la surveillance d’un Baille, en l’occurrence un membre de la famille ROUSSEL (Jacques puis Cérice) de Vogüé, pour les propriétés du Marquis.