Église de Saint-Sernin (07200)
Placée sous le patronage de Saint-Saturnin, évêque et martyr de Toulouse, l’église de Saint-Sernin domine le cœur du village.
Le bâtiment actuel date des années 1824 à 1832, remplaçant une église plus ancienne.
Un décor peint exceptionnel
L’intérieur de l’église a été entièrement décoré par le peintre J.-A. Molinari (parfois évoqué comme les frères Molinari), venu travailler à Saint-Sernin après avoir restauré la chapelle du Collège des Jésuites d’Aubenas.
Cette dernière, détruite en 1910, s’élevait à l’emplacement de l’ancien commissariat de police d’Aubenas. C’est ainsi que l’artiste a réalisé ici une véritable copie des peintures qui ornaient autrefois les murs et les voûtes de la chapelle aubenassienne — un témoignage rare et précieux de cet ensemble aujourd’hui disparu.
On peut ainsi découvrir :
Dans le chœur, des peintures représentant les trois vertus théologales : la Foi, l’Espérance et la Charité.
Au fond, derrière l’autel majeur, une représentation de Saint-Saturnin.
À gauche, des objets et vêtements sacerdotaux peints en trompe-l’œil.
À droite, les attributs pontificaux.
Sur la voûte de la nef, les quatre évangélistes — Saint Luc, Saint Marc, Saint Matthieu et Saint Jean — encadrent l’Ascension du Christ et l’Assomption de Marie.
Dans les chapelles latérales : à gauche, un tableau du XVIIIᵉ siècle représentant Saint Roch ; à droite, une Assomption de Marie.
Le talent du peintre s’exprime jusque dans l’illusion : le plâtre y devient marbre, les surfaces planes prennent du relief grâce à des rosaces en trompe-l’œil, et le grisé se pare de couleurs vives — donnant à l’ensemble une profondeur remarquable pour un édifice de village.
Une restauration soignée
Les peintures ont été nettoyées à la mie de pain et restaurées entre 1959 et 1962 par Armand Fayen-Chavagnon, restaurateur du Château de Versailles, contacté par le graveur Jean Chièze grâce à un ami habitant Saint-Sernin.
Un patrimoine protégé
Par arrêté préfectoral du 8 juin 1979, les peintures murales de l’église ont été inscrites à l’inventaire supplémentaire des objets et mobiliers classés, tout comme :
Des travaux de restauration à venir
Le clocher de l’église doit faire l’objet d’une reprise de l’étanchéité à sa base. La commune a sollicité l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) ainsi que la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) afin d’être accompagnée dans cette démarche de rénovation, pour préserver ce patrimoine peint exceptionnel pour les générations futures.